Articles de brahimi-avocat
La loi sur la signature et la certification électronique : le premier décret d’application publié
Le décret exécutif n° 16-142 du 5 mai 2016 fixant les modalités de conservation du document signé électroniquement, pris en application de la loi n° 15-04 du 1er février 2015 fixant les règles générales relatives à la signature et à la certification électronique, a été publié au Journal Officiel du 8 mai 2016
L’instruction devant le tribunal administratif
Suivant plusieurs sources ayant assisté au prononcé de l’ordonnance de référé rendue dans l’affaire Groupe El Khabar contre le ministère de la communication,le président de la formation du jugement , et une fois prononcé le dispositif de cette ordonnance , aurait instruit la défense du Groupe El Khabar , partie condamnée en référé , de produire le mémoire en défense dans la deuxième affaire portée au fond tendant cette fois à l’annulation pure et simple de la transaction de cession d’actifs de ce groupe à la société Ness Prod , et ce avant la date du 22 juin 2016.Cette mise en demeure verbale de produire le mémoire en défense dans l’affaire portée devant une une formation de nature différente peut susciter l’étonnement dans le sens où la procédure d’instruction et de jugement des affaires portées devant la formation d’un tribunal administratif statuant au fond est régie par d’autres dispositions complètement différentes de celles qui régissent la formation statuant en référé.Dans tous les cas de figure et contrairement à ce qui se pratique devant le juge civil, l’instance administrative doit obligatoirement faire l’objet d’une instruction avant d’être renvoyée à la formation de jugement c'est-à-dire la formation qui doit statuer sur l’affaire.
Bonne nouvelle pour les praticiens du droit : La revue de la Cour suprême est de retour
Après plusieurs années d’absence,la revue de la Cour suprême refait surface avec un nouveau look.Dans un précédent billet intitulé « L'absence de jurisprudence : cause des dérives judiciares » j’ai fait état de cette bizarrerie d’absence de publication de la jurisprudence tant de la Cour suprême que du Conseil d’Etat.Cette absence était d’autant plus curieuse que la revue de jurisprudence publiée par la première haute juridiction était bel et diffusée mais exclusivement en interne.Elle n’était accessible ni au public ni aux avocat et autres professionnels du droit mais réservée aux seuls magistrats.
L’invraisemblable cacophonie juridique autour du dossier de cession des actifs du groupe SPA El khabar
Déstabilisés certainement par les solides arguments juridiques que nombre de juristes ont opposé au bien fondé de la requête en référé introduite par le ministère de la communication aux fin de surseoir au transfert des actifs cédés par la société SPA El khabar à la société Ness Prod , les avocats du ministère ne savent plus sur quel pied danser.Ils viennent encore une fois de commettre une bourde procédurale en faisant intervenir à l’instance engagée d’autres parties en l’occurrence les actionnaire du groupe El khabar qui ont cédé leurs actions ce qui ajoute une couche à la cacophonie et à l’imbroglio pris par ce dossier.Il est certain que les juges saisis de ce référé n’apprécieront pas ces volte face et ces retournements dans le traitement de la requête initiale .
Le recours aux sociétés offshore : l’exemple de SNC - Lavalin et de la BEA – La pratique des rétrocommissions dévoilée
Dans le sillage des révélations des « Panama papers », des documents chocs publiés par le site de Radio Canada sous le titre " Panama papers :de mystérieux contrats pour SNC-Lavalin en Algerie " ont pour la première fois dévoilé le mécanisme auquel il est fait recours pour fructifier les rétrocommissions et autres pots de vin en rapport avec les marchés publics octroyés aux firmes étrangères et le canal par lequel ces rétrocommissions sont versées à leurs indus bénéficiaires.
Questionnements sur le bien fondé du recours contre la cession des actions du groupe de presse El Khabar
Dans un communiqué de presse publié le 27 avril 2016 , le quotidien El khabar fait état de son assignation devant le juge des référés du tribunal administratif de Bir Mourad Rais notifié à son représentant tendant suivant les termes de ce communiqué « à faire annuler la convention de vente de la société par actions El khabar au profit de Issad Rebrab pour non-conformité à la loi ».Cette citation à comparaître a été délivrée par le ministre de la communication en tant que demandeur dans l’instance et pour l’audience du 02 mai 2016.Une autre assignation ayant le même objet et tendant aux mêmes fins mais portée devant le juge du fond du même tribunal administratif a été notifié au même défendeur.
L’absence de jurisprudence : cause des dérives judiciaires
Les professionnels du droit notamment les avocats connaissent l’importance de la jurisprudence dans le développement du droit et la protection du justiciable.Un arrêt de jurisprudence est un arrêt dans lequel le juge ( généralement le juge suprême - le juge de la Cour suprême ou celui du Conseil d’Etat - ) rend une décision sur une question de droit determinée.Dans le système judicaire anglo-saxon, la jurisprudence y compris celle des cours d’appel joue un rôle primordial car les arrêts de ces cours lient les tribunaux inférieurs jugeant des affaires similaires .Une fois sa décision rendue , la cour d’appel sera liée par son propre jugement.L’avantage de ce système est qu’il évite que des affaires similaires soient différemment jugées ce qui a pour conséquence entre autres d’annihiler toute possibilité de favoritisme ou de déni de justice.
La dénonciation calomnieuse:Procédure et conditions - Cas des poursuites engagées dans le cadre de l'affaire Sonatrach 2
Selon le quotidien « Le soir d’Algérie ». L’ancien ministre de l’Energie et des Mines Chakib Khelil« se prépare à lancer une contre-attaque judiciaire en déposant des plaintes contre l’ex-patron de ce qui était le Département du renseignement et de la sécurité, DRS, à savoir le général de corps d’armée Mohamed Médiène, dit Toufik, l’ancien ministre de la Justice Mohamed Charfi et l’ancien procureur général de la cour d’Alger Belkacem Zeghmati qui avait émis des mandats d’arrêt internationaux contre lui, ainsi que des membres de sa famille à l’été 2013. » .L’ancien ministre de l’énergie mis en cause dans l’affaire « sonatrach 2 » peut-il vraiment engager des poursuites pénales contre ces autorités ? Et sur quels fondements juridiques de telles poursuites pourraient être envisagées ?
La rétroactivité des lois de procédure pénale : ses modalités d’application
Dans un article du quotidien Le Soir d’Algérie paru le 17 février 2016 traitant de l’affaire Sonatrach 1,il est fait état d’une déclaration des avocats des accusés condamnés par le tribunal criminel d’Alger selon laquelle ces derniers qui ont introduit un pourvoi en cassation devant le Cour suprême bénéficieraient des dispositions de l’article 6 bis de l’ordonnance du 23 juillet 2015 modifiant et complétant le code de procédure pénale qui exige désormais avant toute poursuite pénale contre un gestionnaire d’une entreprise publique une plainte préalable des organes sociaux de l’entreprise.Selon ce quotidien, la défense des accusés plaideraient devant la Cour suprême la nullité des poursuites faute d’une plainte préalable des organes sociaux .Si la Cour suprême suit l’argumentaire juridique de la défense basé sur le nouvel article 6 bis et l’approuve ,il n'y aurait même pas lieu de renvoyer l’affaire devant le tribunal criminel après cassation car la Cour suprême dans cette situation cassera le jugement du tribunal soumis à sa censure sans renvoi ce qui fera bénéficier les accusés d’une décision similaire à un acquittement .Mais est- ce la cas ? La réponse n’est pas aisée faute d’une disposition législative expresse ou d’un précédent jurisprudentiel .
L’exception d’inconstitutionnalité dans le projet de loi constitutionnelle
L’exception d’inconstitutionnalité dans le projet de loi constitutionnelle:l’un des amendements les plus emblématiques
suivi de quelques réflexions sur d’autres amendements
L’une des avancées démocratiques et juridiques les plus remarquables introduites par le projet de révision constitutionnelle approuvé par le Conseil des ministres du 11 janvier 2016 est sans conteste le mécanisme prévu par l’article 166 bis en l’occurrence « l’exception d’inconstitutionnalité ».Cet article d’apparence anodine pourra faire entrer l’Algérie dans le club envié des grandes démocraties qui reconnaissent au simple citoyen le droit de soulever devant son juge l’inconstitutionnalité d’une disposition législative ( c'est-à-dire d’une loi) et par ricochet écarter son application.Acccouplée à la disposition du nouvel article 166 alinéa 2 qui élargit la saisine du Conseil constitutionnel en permettant à 50 députés ou 30 sénateurs de déférer une loi à cette institution , on pourra dire qu’on s’approche un peu plus de l’Etat de droit.